Le besoin de rencontre avec le voyageur ne se démentira pas . Dans tous les ports
où nous sommes passés , sur les autres îles de l'archipel, même lorsque nous
arrivions à 1H du matin, c'était un véritable défilé pour reconnaître et saluer le
"French Ship" et son équipage.
Vendredi en fin d'après-midi nous partons pour l'île Midvag où est situé l'aéroport
qui permettra à Bernard de nous rejoindre. Dans des conditions idéales, ARKA!
couvrira 35 milles en 3H30 sur une mer plate au vent de travers. Les embruns
fument à l'étrave! Le spectacle du bateau chargé de toile qui pulse dans ce paysage
sauvage est un vrai bonheur que nous savourons pleinement.
Au matin, un grand soleil dans un ciel sans nuages nous tire des couchettes. C'est
sûrement un coup de Bernard! Sur le quai des Féringiens sympathiques engagent
la conversation et embarquent visiter le bord. Ils vont ensuite à l'aéroport
attendre leur fils . Apprenant que nous nous y rendons également, ils tiennent
absolument à nous véhiculer. Ils feront même plus: l'avion n'arrivant gue 2H plus
tard, ils nous emmènent visiter Bour, petit village typique perdu au milieu d'un
fjord encaissé et dont l'entrée est gardée par 2 immenses doigts de pierre
jaillissant de la mer â une hauteur considérable. L'harmonie du lieu, des couleurs,
des formes est impressionnante de beauté.
Le temps qui lui ne s'est pas arrêté, court , et nous arrivons juste pour accueillir
Bernard en grande pompe. De retour à bord - ramenés par nos nouveaux amis! - il
fait si bon que nous déjeunons sur le pont. Pour digérer, une longue randonnée à
pied dans la nature nous occupe jusque fort tard le soir.
Dimanche le soleil est toujours là, chic alors! La mer est calme, et à l'abri des
falaises nous pêchons. Ici c'est assez simple:
- trouver des fonds de 50m - pas 46 ou 52, non, 50 mètres je vous dis, sinon ça ne
marche pas - et c'est vrai
- laisser filer jusqu'au fond une ligne armée de leurres en plastique ( genre
anguille, bleue, rouge, jaune, verte ) et lestée d'une bonne manivelle de winche*
en bronze
- animer la ligne de quelques vagues mouvements verticaux
- remonter et décrocher les beaux cabillauds qui se laissent faire avec beaucoup
de résignation. Bernard, lui, les remonte 6 par 6. S'il y en a moins de 2, c'est que le coin est
mauvais et il faut en changer.... voilà!
L'atelier décapitage, vidage, découpage s'organise sur le pont. Josette rempli le
congélateur. Bernard sale les filets et nous mettons à la voile sur Torshawn, la
capitale des îles Féroé.
Torshawn est un port agréable bordé d'une "capitale village" où les vieilles
maisons de bois aux toits en herbe jouxtent les quais . Un chantier naval
important sort les gros chalutiers pour les caréner. Nous sommes amarrés à son
quai, et , ici, cela ne pose aucun problème .....Quelle différence avec nos ports!
L' escale est agréable et se prolonge jusqu'au Mardi. Avant de quitter les Féroé
nous feront un dernier arrêt à Fuglefjodur situé sur Esturoy, une des îles au Nord
de l'archipel.
Ces îles montagneuses , de forme allongées sont entaillées par des fjords profonds.
Très proches les unes des autres , elles sont séparées par des chenaux encaissés ,
parcourus de courants violents changeants au rythme des marées.
Naviguer dans ces endroits est assez exaltant. Le ciel est redevenu gris, le plafond
est bas, les côtes sauvages et escarpées. Les falaises noires contrastent avec les
verts des pâturages. Aucun abri en dehors des rares ports de pêche. La nécessité
d'utiliser les courants rend tout demi-tour impossible pour nous. Au bout du fjord
qu'y a-t-il? ça évoque plutôt le bout du monde. Va-t-on tomber de la "galette"'?
Finalement, Fuglefjodur est bien au rendez-vous à l'endroit indiqué sur la carte.
Suite Retour
*Winche : sorte de treuil manuel servant à la manoeuvre des cordages
|