Etape 8 : Guadeloupe - Antigua - Saint-Martin- Les Açores

 Réception n°48 du 12 Juin 12h : Escale Antillaise du 16 mai au 10 juin 2000

Marie Galante… le nom est à lui seul une invitation ! St Louis est toujours aussi calme, même si au fil des années les bateaux assurant la navette avec la Guadeloupe sont plus nombreux. En débarquant, les voyageurs défilent toujours devant le poilu statufié qui veille à l'enracinement du quai, et rappelle que même ici, dans ce coin de France perdu, la guerre est venue prélever son " quota " de victimes. Dans les rues, l'animation est mesurée, proportionnelle à l'ardeur du soleil. ARKA ! est mouillé un peu à l'écart des quelques voiliers présents, face à la route qui longe la mer en direction de Vieux Fort. Les jours passent paisibles… Nous avons retrouvé avec plaisir Jean-Luc et Nathalie qui ont crée voici plus de 10 ans, le club de plongée Man' Balaou - un site à retenir : manbalaou.mgalante@wanadoo.fr et un tél : (05 90) 97 75 24 ou 97 17 94 - En leur compagnie, nous passons de bons moments, et ils nous invitent à dîner dans un restaurant " local "qui fait " chodage " tous les vendredi soir. C'est une sorte de pot au feu à la mode du pays, qui change agréablement les gourmands que nous sommes. Claude, un ami qui vit en Guadeloupe depuis plusieurs années vient passer le week-end à bord, et le temps passe… encore plus vite ! Dommage que Maryse, sa femme, travaillant dimanche, n'ait pas pu venir . ARKA ! a bien besoin d'être caréné. Renseignements pris, nous avons décidé de le faire au chantier Lemaire à Pointe à Pitre, rendez-vous vendredi prochain. En attendant, après 7 jours à St Louis, nous levons l'ancre pour une courte traversée qui nous mène à Petite Terre, située entre Marie Galante et la Désirade. Protégé par une barrière de corail, le mouillage entre les 2 îlets est splendide… et de plus en plus fréquenté ! Sur la plage de Terre de bas, les cocotiers fraîchement plantés s'alignent au cordeau. Leur ombre est la bienvenue pour accueillir les vacanciers débarqués de  2 ou 3 bateaux de charter qui viennent ici quotidiennement. Qui n'a pas rêvé de l'île déserte ? Un peu plus loin le splendide phare en pierres de taille fait moins recette : il faut marcher un peu, et sous le soleil… Ce vénérable monument mérite pourtant que l'on s'en approche pour l'apprécier de près, car c'est l'un des plus anciens phares du " nouveau monde ". En chemin on croise de très nombreux iguanes, qui prospèrent allègrement depuis que ces îlots et les eaux qui les entourent sont classés Parc Naturel -chasse, pêche, cueillette sont interdits - Cela n'empêche nullement les pêcheurs Antillais de venir la nuit pêcher à la lampe sur le récif. D'autres se sentent si peu concernés par cette protection, qu'ils viennent carrément le jour sur leurs saintoises et chassent tout ce qu'ils peuvent au fusil sous-marin.. . L'interdiction n'est peut-être valable que pour les touristes ! … Jeudi après midi nous levons l'ancre, et rallions pointe à Pitre sous spi en peu de temps. Nous nous amarrons sur un corps mort face aux docks flottants du chantier. Vendredi matin de bonne heure, l'un des docks est immergé, et nous y engageons ARKA ! Le personnel du chantier est bien rodé. En peu de temps il se retrouve correctement amarré, bien posé sur des cales qui positionnent la coque à une hauteur idéale pour travailler… et au sec ! Sérieux et gentillesse semblent faire bon ménage ici. Bien secondé par son fils, Mr Bernard Lemaire veille à tout, et nous n'avons que des compliments à leur faire. Dès samedi soir nous avons terminé les peintures, et ARKA ! arbore une livrée sous-marine bleue du plus bel effet ! Dimanche midi, nous allons déjeuner chez Mme Vulgaire, la maman de Maryse. A l'occasion de la fête des mères elle a tenu à nous inviter… Mme Vulgaire, outre sa gentillesse, est un personnage extraordinaire. Cuisinière de son état, elle fait partie de la confrérie des cuisinières traditionnelles de Guadeloupe. L'association qui regroupe environ 250 membres, a pour but de maintenir les traditions culinaires locales, et d'en donner le goût aux jeunes. Mme Vulgaire prépare seule des repas pour 200, 300, 400, voir 6 ou 700 personnes… Le tout dans sa cuisine d'appartement qui, il est vrai, déborde un peu sur le salon ! La voir à l'œuvre est tout simplement impressionnant. Quand à la fête annuelle de l'association, ce doit être quelque chose ! (en Août, je crois ?). La Guadeloupe recèle bien d'autres trésors que le cliché du cocotier alangui sur une plage. Encore un exemple ? Le Carnaval ne se fête pas qu'à Rio. Ici, il y a plus de 200 groupes comme " Point d'Interrogation " (ou sévissent Claude et Maryse), qui préparent la fête et défilent en musique le dimanche dans Pointe à Pitre. Et cela dure… 2 mois ! ! Autres retrouvailles, notre ami Guy est avec son bateau " Apache " dans la marina de Bas du Fort. Nous étions allés ensemble avec ARKA ! toucher les glaces au Nord de l'Islande. Se retrouver sous le soleil, ce n'est pas mal aussi, d'autant plus que nous avons beaucoup de choses à nous raconter ! Mardi, il nous emmène en voiture à l'aéroport récupérer le hauban que nous devons changer. (Merci, Jean !). Mercredi soir, hormis le plein de gasoil que nous ferons à St Martin juste avant de partir pour les Açores, ARKA ! est fin prêt. Claude et Maryse qui ont pu se libérer quelques jours vont nous accompagner jusqu'à St Barthélémy. Partis Jeudi à 10H40, nous sommes mouillés à 14H dans la rade du Bourg sur Terre de Haut, aux Saintes. Traversée rapide. Avec ce carénage ARKA ! a retrouvé sa vélocité, et nous avons gagné un bon nœud de vitesse moyenne. Le paysage est toujours aussi beau, et quel plaisir d'être là avec ARKA ! Fort Napoléon domine le mouillage au Nord, et j'ai une pensée particulière pour l'un de mes " ancêtres ", Auguste Blandelait, qui a passé plusieurs années en garnison ici, dans ce fort… " Salut, grand papa ! "

Réception n°49 du 12 Juin 12h : Escale Antillaise : du 16 mai au 10 juin 2000

Vendredi 2 Juin, après une dernière balade à terre, nous rallions Deshaies (au N de la Basse Terre) où Maryse qui travaillait encore hier et aujourd'hui, nous rejoint. Samedi, les 45 milles qui nous séparent d'Antigua sont avalés rapidement. ARKA ! mouillé à l'entrée du repaire de Nelson, nous allons à terre remplir les formalités d'entrée. Le policier est pour le moins peu aimable, et franchement déplaisant. Heureusement il n'est pas encore assez obèse pour masquer le site de Nelson Dockyard, qui lui est superbement entretenu. Le préposé du port, chargé de collecter " la taxe " est quand à lui sympathique. Ce qui aide à faire passer la pilule : 34 dollar US pour une nuit au mouillage, sans aucun service, avec un voilier de 13m et 4 personnes à bord… pas mal, non ? Dimanche matin nous appareillons pour Barbuda. En route nous pêchons un barracuda, à la mâchoire bien arrimée, puis un petit thon qui figurera au menu du soir. Le barracuda, quand à lui, n'est pas consommé dans cette partie des Antilles, car souvent toxique, et repart donc à l'eau. A l'heure du thé, nous mouillons sur la côte Est de Barbuda, face à une splendide et interminable plage de sable clair. La mer hésite entre le turquoise et l'émeraude… Personne. L'endroit est assez sauvage et semble peu fréquenté, car un peu à l'écart de la route classique vers les îles " du Nord ". De l'autre côté de la plage, s'étend une immense lagune. Dans le lointain, quelques constructions peu visibles balisent Codrington, la ville principale de l'île. Quelle paix ! Le lendemain matin nous partons à pied le long de la plage, en direction du petit port de Barbuda, à quelques kilomètres, où est censé se trouver le bureau de douane où nous devons nous rendre. En fait, il se trouve… en ville, où nous arrivons assoiffés un bon moment après ! Trouver le bureau de douane, que rien ne distingue des autres maisons demande un peu de temps. Le douanier, en tee shirt et bermuda, bob vissé sur le crâne est jeune, aimable. Les papiers terminés, il me demande 10 dollars US, sans explication. Un peu agacé, je lui répond que je n'ai pas de dollar, et afin de le convaincre de ma bonne foi, propose de régler avec ma carte de crédit… Sans insister, il renonce à " la taxe " disant que ce n'est pas grave, et nous indique le bureau de police où nous devons nous rendre pour " l'indispensable sortie du territoire ". Je m'y rend pendant que Le Rat, Maryse et Claude se mettent en quête d'une bouteille d'eau bien fraîche. Derrière une sorte de comptoir, trône une énorme femme policier en uniforme. Elle est… fort peu aimable, et après s'être enquit d'un mouvement de tête du pourquoi de ma présence, elle hurle dans un anglais incompréhensible pour se faire entendre de ses collègues dans tout le bâtiment. Puis elle me dit plus doucement quelque chose que je ne comprends pas, et lui fait répéter 3 fois pour qu'enfin elle fasse l'effort d'articuler. Son collègue va venir, et effectivement, peu après, arrive un homme en short , tee-shirt et sandalettes. Dire que j'ai pris la peine de mettre un pantalon pour ne pas les choquer ! Les formalités sont vite expédiées, et sur ma demande, le cachet de sortie est bien apposé sur les passeports. Il était pressé de retourner à ses, et ne trouvai  pas cela nécessaire. En taxi nous regagnons le bord de mer, et flânons sur la plage en ramassant des coquillages avant de regagner ARKA ! Mardi matin nous hissons les voiles de bonne heure pour St Barthélémy où Claude et Maryse doivent prendre l'avion à 17H. Sous spi, dans un vent oscillant entre 18 et 25 nds, ARKA ! fonce, et à 14H nous sommes mouillés dans l'anse de Corrosol près du port de Gustavia. En route, nousavons pris une bonite sportive qu'ils vont emporter dans leurs bagages pour essayer à leur tour de faire des conserves… Le rat fait des émules ! Après leur départ, une courte balade à terre nous donne le ton : le nombre de boutiques de luxe n'a rien à envier aux quartiers chics de Paris ! Retournés à bord, - qu'est-ce que l'on y est bien ! - nous décidons de partir dès demain pour St Martin. Mercredi 7 Juin. Après un solide petit déjeuner " à la terrasse ", nous mettons à la voile. Le spi reste dans la soute, et nous naviguons à 5/6 nds pour pêcher tranquillement. (remonter une bonite à 9 nds comme hier, n'est pas vraiment " reposant "). Sur 5 touches, nous remontons 3 poissons. 2 thons qui vont être mis en bocaux, et un gros pagre jaune que nous rejetons alors qu'il est encore vivant, en raison du risque de toxicité. La ciguatéra est une réalité, et nous ne tenons pas à expérimenter une seconde fois la gratte ou " intoxication poisson ". En début d'après midi nous mouillons dans la baie de Marigot. Il y a beaucoup de bateaux et le plan d'eau est assez animé. C'est là que nous allons finir de nous préparer pour la traversée vers les Açores. Après 3 jours passés ici, nous ne voyons strictement aucun intérêt à l'endroit autre que le carburant détaxé (ainsi que le tabac pour les fumeurs). L'ambiance est … spéciale. Les nombreux magasins de luxe côtoient les épaves humaines : la drogue fait des ravages et s'achète plus facilement et à meilleur prix que le fromage blanc… Et d'une manière générale les gens sont aussi sympathiques que les policiers d'Antigua et Barbuda ! Nous comptons sur les doigts d'une main les gens aimables croisés en ville et dans les commerces !… Les shipchandlers sont bien achalandés, cela peut servir lorsqu'on voyage en bateau… ARKA ! est prêt. Le journal de bord est enfin à jour. Demain nous irons tenter un mouillage tranquille, et si il ne nous convient pas, nous mettrons le cap au large, et là , c'est sûr, " on sera bien ! "

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