Etape 7 : RIO - Fernando de Noroñha - Guadeloupe
Réception n°43 du 24 Avril 0h30 : jdb du 12 au 20 avril
Mercredi 12 avril A 12H : 23°00 S - 42°40' W vent E 4/6
nds
A 60 milles à l'ouest de Rio, Ilha Grande : le meilleur du Brésil nous
a-t-on dit à maintes reprises !… Et pourtant, cap à
l'Est, vers l'Europe, nous lui tournons le dos.
Héroïques ou masochistes ? Le calendrier file à toute vitesse…
mais la prochaine fois c'est certain, ARKA ! ne ratera pas ça ! Vent
nul ou presque toute la journée. Ce n'est qu'à la nuit, arrivé au cap Frio,
que le vent se lève et fraîchit rapidement 17/20 nds. Au près, cela nous
assure une nuit agitée, alors que nous pourrions être à cette heure au
mouillage à Ilha Grande !…
Vendredi 14 avril. A 12H : 22°50' S - 38°30' W vent N
16/20 nds.
25 nds de vent au matin, mer très courte, hachée, dans laquelle ARKA !
tape avec obstination. Sur le pont cela mouille
copieusement. Dans la matinée de vendredi, rotation au N
en mollissant. Le cap s'améliore, mais faisant route face
à la houle qui vient toujours du NE, ARKA ! rythme toujours avec autant d'entrain
notre vie de marins
Samedi 15 avril. A 12H : 22°00' S - 36°41' W. vent nul,
pluie diluvienne.
Après un grain assez fort au petit déjeuner, le vent nous abandonne. A la
place, une pluie torrentielle, qui va durer toute la journée.
Douche gratuite sur le pont pour tout l'équipage. En plus
elle est presque chaude ! juste avant la nuit les nuages
s'éloignent, le vent reprend sa place, ARKA ! retrouve
ses voiles. Nuit superbe, chaude et étoilée.
Dimanche 16 avril. A 12H25 : 20°18,5 S - 53°59,6 W . vent
SW 10/15 nds.
Progressivement le vent a tourné dans l'W, puis le SW. Génois tangonné,
ARKA ! poursuit sa route, cap direct sur Fernando de
Noroñha. Le temps est gris, orageux, mais sans être
lourd. Pour la 1ère fois depuis Rio, nous mouillons une
ligne de pêche. Quelques minutes plus tard, coup sur coup, nous remontons
2 thons rouge de bonne taille (60 cm et ? kg chacun) . Sur la
plage arrière s'organise l'atelier poissonnerie pendant
que Le Rat, qui attendait cela depuis longtemps,
transforme la cuisine en conserverie artisanale. Dans chaque
bocal elle met : ½ cuillerée à café de gros sel, 1 cuillère à soupe
d'eau (rase pour les curieux !) quelques grains de poivre, 1 clou
de girofle, 1 feuille de laurier. Puis elle tasse un
maximum de poisson découpé en gros morceaux, et ferme le
bocal. 1H de cocotte minute, et c'est prêt ! Mis à part 1
bocal que nous dégusterons demain, les autres vont ensuite à fond de cale.
Vous goûterez, c'est délicieux, et rien à voir avec l'insipide
thon en boite industriel.
Lundi 17 avril. A 12H : 18°25,5 S - 35°28,7 W . vent nul.
Mardi 18 avril . A 12H30 : 16°33,2 S - 35°07' W. vent nul.
Le
vent qui faiblissait au début de la soirée est complètement tombé un peu
après minuit, et Mr Perkins prend le relais à petite vitesse.
Cela va durer… jusqu'au mardi soir. Pas un souffle. Les
nuages et le bleu du ciel se reflètent sur l'eau lisse.
Le reste de houle , en déformant ces images, transforme
la mer en kaléidoscope géant, que l'on contemple des heures durant sans
lassitude… La nuit, la pleine lune superbe, prend le relais du soleil. Mardi
en fin d'après midi, le vent revient, 7 à 8 nds de l'Est, et sans attendre,
nous remettons à la voile. ARKA ! retrouve ses grincements, le chuintement
de l'étrave, tous ces bruits familiers, que le moteur occulte. Peu
après, la Symphonie Fantastique accompagne la lune qui se lève à l'Est,
entre les nuages. Quel plaisir d'être là ! !…
Mercredi 19 avril. A 12H : 14°25' S - 34°41,6 W. vent
E/NE 4/6 nds.
Jeudi 20 avril. A 12H : 12°30,2 S - 34°13' W. vent E 7/8 nds.
Deux
journées de tout petit temps, ou le vent oscille entre le NE et le SE, 4/8
nds, 12 au plus fort ARKA ! se déhale tant bien que mal, et aligne malgré
tout 126 et 111 milles par jour, à la voile. Depuis lundi, la
mer semble déserte : les oiseaux sont rares, et la pêche
ne donne rien, ce qui désole Le Rat qui attend
impatiemment de remplir les bocaux vides.
Réception n°4
4 du 30 Avril 0h30 : jdb du 21 au 28 avrilVendredi 21 avril . A 12H : 10°26' S - 34°08' W vent E/NE
10/12 nds.
Samedi 22 avril. A 12H : 8°21' S - 34°21' W vent E/NE 9/12 nds.
Deux jours de petit vent au près. Deux journées égales : 116 milles
chacune, paisiblement. Paisiblement aussi la grande ourse,
perdue de vue depuis longtemps, réapparaît. Son dessin
familier est de retour, juste au dessus de l'horizon,
alors que la croix du Sud brille toujours bien haut dans le ciel. Orion,
elle, ne nous a jamais quitté : depuis la Bretagne jusqu'à l'Antarctique,
elle a toujours veillé sur nous, comme ce soir. Samedi,
en début d'après-midi, une autre sorte d'étoile pointe le bout de son nez,
un peu en avance : Claire, vient de naître, 2ème fille de Zabo, ma
p'titesœur et de mon beau-frère Michel (celui qui transpire en
coulisse sur le site). Bienvenue !
Dimanche 23 avril. A 12H : 6°59' S - 33°34,5 W vent SE
8/10 nds.
Lundi 24 avril. A 12H : 4°50' S - 32°41' W vent SE 15/20 nds.
Eole jugeait-il que nous manquions d'occupation ? Ou s'ennuyait-il dans son
secteur NE ? Alors rotation au SE pour commencer ; ça nous
approuvons vivement, choquons les écoutes et ARKA ! fonce
droit vers le but pendant quelques heures. Puis le temps
devient… hésitant. Au grès des nuages ou de sa fantaisie,
le vent capricieux oscille entre le 55 et le 200 en passant par l'Est,
et, varie de 4 à 28 nds, arrosé par des grains de pluie énergiques. De
dimanche après-midi jusqu'à l'arrivée, il ne se passe pas une
heure sans que nous n'ayons à manœuvrer. Qui a dit que
la mer c'était monotone ? Lundi soir vers 20H , l'éclat
blanc du phare de Alto de Bandeira, pointe Ouest de
l'île, apparaît furtivement entre les averses. Deux heures après, nous
longeons la côte NW de Fernando de Noroñha. La lune enfin levée, sort entre
les nuages, et se perche au sommet du Pico, fine et gigantesque tour de roche
qui élève à plus de 300 m le point culminant des lieux. A 23H nous mouillons
dans la baie de San Antonio, et bercé par la houle, allons dormir… paisiblement
! Escale à Fernando de Noroñha du 25 au 29 avril 2000
Tôt levés, nous montons sur le pont goûter le paysage. Et là,
surprise. Si le Moro do Pico, entrevu cette nuit dans la
clarté lunaire cadre bien avec l'image qu'il promettait,
le bateau près duquel nous sommes mouillés n'a rien de
" local " malgré son air exotique : une jonque. Une authentique
jonque, venue du Viêt-nam à la voile, avec un équipage
français, en route pour Brest. Original, et belle
performance, non ? Bravo ! Parmi les autres bateaux au mouillage,
il y en a un que nous connaissons : " Astragale 4 " avec Daniel
et son fils Jérémy croisés trop rapidement à Porto Santo en
septembre dernier. La mer est grande, mais l'océan
serait-il petit ? Une forte houle brise sur la côte, et
tous les bateaux au mouillage roulent à qui mieux mieux.
Le port minuscule n'abrite que quelques petits bateaux de pêche,
ainsi qu'une plage de sable protégée des rouleaux. Cela permet de débarquer
en annexe sans se faire remarquer par un numéro de voltige " aéro-nautique
" humide ! A la sortie du port, accotée à la route
en pente, une minuscule guérite. C'est la que nous
trouvons le policier en charge des formalités. D'emblée, le ton
est donné. " Moi, Pacheco, et toi ? " annonce t-il avec un grand
sourire et une franche poignée de main, très fier de
s'exprimer en français. Après avoir discuté un moment,
il s'excuse de devoir nous faire remplir 2 formulaires ,
et nous informe des restrictions de mouillage, et de la taxe de séjour
à acquitter. Partout sur l'île, nous trouverons la même gentillesse…
Quel bonheur ! Composé de 21 îles et
îlots d'origine volcanique, l'archipel de Fernando de Noroñha
est un parc naturel très protégé. Ici des milliers de dauphins se rassemblent
dans une baie qui porte leur nom, à l'abri de toute activité humaine
: baignade interdite, ainsi que passage et mouillage des bateaux. Plusieurs
espèces de tortues marines fréquentent les eaux environnantes, et viennent
pondre sur certaines plages. Un important programme de protection leur
est consacré qui vise à aider les naissances afin d'enrayer la disparition
des espèces. A leur sujet, nous assisterons à une scène consternante
pour l'espèce humaine, dans la baia do Sueste, petite baie toute ronde,
enchâssée dans la verdure, fermée par de belles roches noires et plusieurs
îlots. Une plage de sable fin et doré borde les eaux vertes et bleues
où paressent un grand nombre de tortues. La plage est déserte, la trentaine
de touristes présents s'entassent sur le sable au débouché du chemin
qui conduit à la baie, près de la paillote qui vend des boissons fraîches.
Venant de barboter un long moment à l'autre bout, nous revenons vers
la moto louée, laissée au bord du chemin. A ce moment là, un garde du parc
sort de l'eau en portant une tortue. Malade, peut-être ? non, pas du tout…
c'est juste pour permettre aux vacanciers présents de la photographier et
de la voir de près. Si la chaleur avait l'air de les accabler, là, pour le
coup, ils courent ! Maintenue sur le sable, la tortue ne cherche
qu'une chose : retourner à l'eau. Etre prise en photo
avec Madame, la main posée sur l'épaule du garde qui
expose sa dentition face aux objectifs, elle s'en moque,
Madame la tortue ! De l'eau, de l'air ! c'est tout ce qu'elle veut ! Cela
nous semble d'autant plus consternant que tous ces gens sont jeunes, et qu'il
suffit de faire quelques mètres pour voir ces animaux dans leur milieu et
moins de 2m d'eau claire et chaude … Avec la moto, nous
parcourons les chemins de terre, rouges (comme de la latérite)
et caillouteux, qui vont de plage en plage, à travers collines et vallons.
A un moment le chemin s'arrête au bord de la falaise, dominant d'une soixantaine
de mètres l'océan en contre bas. Deux échelles métalliques dressées
dans des failles étroites, permettent de rejoindre un escalier taillé
dans la roche et qui conduit à la mer. C'est …splendide !En revenant d'une
longue baignade, en compagnie de Daniel et Jérémy, nous nous arrêtons boire
un " coco gelado ". Après nous avoir servi, la
marchande pèle une pomme avec sa machette, et envoie sa
fillette en offrir la moitié à Jérémy. C'est d'autant plus gentil que
ces fruits sont rares sur l'île, amenés par les bateaux ravitailleurs à
une fréquence variable. Lorsque nous sommes arrivés, cela
faisait plusieurs jours que les étalages des boutiques
étaient déserts ! Vila dos Remédios, la " ville
", est étonnante. Nulle trace d'un centre précis,
les constructions s'étalent sur un plateau et les vallons environnants,
séparés par un fouillis de végétation luxuriante. Dans la pente qui
donne sur la mer, le palais du gouverneur, bâtiment à 2 étages et toit
rouge, ressort agréablement dans la verdure. Un peu plus bas, le
fronton de l'église à dominante jaune colore à son tour
le paysage. Vu du fort de Remédios qui domine la mer sur
une pointe voisine, l'ensemble a fière allure. Les canons
qui protégeaient la ville, rouillés et couchés dans l'herbe ne servent
plus que de refuges aux lézards, les temps ont changés… Nous
faisons aussi la connaissance de Sophie et Jean-Paul, arrivés du Cap Vert
sur leur voilier " Second life " et ravis d'être ici. En compagnie de
Marine, qui vient de traverser l'Atlantique à bord de la jonque,
ils vont rejoindre le Brésil et poursuivre leur balade.
Deux autres voiliers battant pavillon Sud Africain
étaient aussi au mouillage, mais ils sont repartis, abandonnant
pour un temps la baie aux tricolores. Décidément, le pavillon français
est réellement celui que l'on croise le plus. Le Gaulois aime voyager,
et être le chef de sa barque ! En ce qui nous concerne nous allons appareiller
pour Fortaleza. Ici, impossible d'utiliser notre carte bancaire et
nous devons refaire le plein de gasoil. Bon prétexte pour une escale de plus
et traîner encore avant de repasser la ligne… nous ne sommes pas vraiment
pressés de retrouver l'hémisphère nord !…
Réception n°4
5 du 4 mai 23h : jdb du 29 avril au 3 MaiDimanche 30 avril A 12H : 3°41,6 S - 34°38,8 W vent SE
18/24 nds
Il a bien fallu se décider à repartir… Même l'ancre n'était pas
d'accord :elle était bien engagée sur les fonds de l'île, et refusait de
rentrer à bord. Probablement complices, les fusibles du
guindeau ont sautés, choisissant de se saborder plutôt
que de quitter les lieux. Finalement tout est rentré dans
l'ordre, et c'est à la tombée de la nuit que nous avons mis à la
voile, cap sur le soleil couchant. Pendant que l'on regarde le flamboiement
derrière l'étrave, (et accessoirement, où l'on va !) l'île s'éteint
doucement dans le sillage, et c'est peut-être plus facile ainsi. La
météo, donnée par un autre bateau, annonçait des vents faibles (10 nds de
SE) pour les 2 jours à venir. En fait, toute la nuit le vent
souffle 18/25 nds variant entre SE et E. ARKA ! profite de
l'aubaine, et tantôt vent de travers, tantôt au largue,
file bon train sur Fortaleza. Pendant que nous étions au
mouillage, nous avons gratté la coque en plongée. Elle en avait sacrément
besoin ! Entre ce nettoyage et l'allégement sensible depuis le départ,
ARKA ! retrouve des vitesses auxquelles il nous avait plus habitué. Malgré
le vent qui mollit dans l'après-midi, nous parcourons 200 milles tout rond
de 17H à 17H, sans forcer. Bravo, vieux frère ! !
Lundi 1er Mai A 12H : 3°40,9 S - 37°45,1 W vent SE12/14
nds.
Nuit calme, Eole s'essouffle un peu , 14/18 nds. Nous envoyons la
trinquette, ARKA ! continue à avaler des milles. Si
l'arrivée à Fortaleza ne présente pas de difficulté,
la prise de mouillage dans la marina de l'hôtel Marine Park
(seul endroit réputé sûr au niveau vol) est plus délicate. La carte de
détails … est assez lacunaire -la marina n'est pas indiquée -
Nous savons seulement qu'elle se trouve … derrière 2
récifs (dont l'un porte une épave), face à un grand
bâtiment blanc placé sous la sainte garde des 2 tours d'une cathédrale
! Bref, il est préférable d'arriver de jour, ce que nous avions " programmé
" sur la base des vents faibles annoncés avant le départ. A ce train
, ce n'est pas demain, mais ce soir que nous allons arriver. Si le vent tient,
nous devrions parvenir au mouillage à la tombée de la nuit… Vers 16H,
nous appuyons les voiles au moteur, le vent faiblissant encore.
Plus question de traîner ! A 17H45, alors que la nuit
tombe, nous repérons grâce à la cathédrale, ce qui
semble être l'hôtel et la grosse épave sur le récif. Radar en
route, nous poursuivons lentement en surveillant le sondeur. Nous sommes gênés
par les lumières de la ville en arrière plan, et ce n'est que d'assez près
que nous distinguons la marina aux jumelles. Passée la 1ère jetée, nous
mouillons à l'abri de la houle, il est 18H30, il fait nuit
noire. C'est gagné !…
Mardi 2 / mercredi 3 mai. Escale à Fortaleza.
Accueil sympathique du responsable de la marina qui nous indique sur un plan
l'emplacement des services où nous devons nous rendre pour
effectuer les sempiternelles formalités d'entrée et de
sortie . Comme les bureaux n'ouvrent qu'à 13H, nous
profitons de la matinée pour refaire le plein de gasoil pour lequel
nous sommes venus ici. Au 2ème passage, dans l'entrée de l'hôtel, le portier
nous indique une sortie plus directe… et qui évite de traverser le bâtiment.
Il est vrai que, comme bagage, les bidons de gasoil détonnent un peu
avec les 5 étoiles dont s'enorgueillit l'hôtel !… Cela ne l'empêche pas,
une fois dehors, de frapper élégamment dans ses mains pour
héler un taxi, qui sans sourciller nous conduit dans une
station. A chaque retour, le chauffeur nous dépose sur le
quai où nous n'avons plus qu'à charger les 125L de carburant
dans l'annexe et rejoindre ARKA ! Les taxis sont bon marché (14F aller/
retour…) Vu la température ambiante, cela représente un gain confortable
en temps et sueur… Et si certains vont acheter leur salade en taxi,
nous c'est du gasoil, chacun sa lubie ! A la capitania dos
Portos, le fonctionnaire auquel nous avons à faire est du genre
irritant. Comme les autres fois, j'ai rempli les 3 pages du formulaire adéquat
en minuscules clairement lisibles. Pas de chance, il ne sait lire que les
majuscules d'imprimerie, et je n'ai plus qu'a recommencer… Une fois le pensum
terminé, ce mossieur est désolé ; mais il vient de réaliser qu'il manque
un papier " indispensable " à demander au bureau de la Policia
Federal qui se trouve exactement à l'autre bout de la
ville… et sans ce document il ne fera rien. Le bureau
ferme à 17H, cela nous laisse 1H30… Taxi ! Par chance,
nous tombons sur un policier zélé, éternuant sans relâche dans son bureau
fortement réfrigéré par un climatiseur aussi performant que lui : 15 mn,
qui dit mieux ? (2 jours à Niteroi pour la même chose…) La douane n'est
pas loin, et nous nous ruons dans le bureau. Ici aussi, cela va
assez vite, une vingtaine de minutes. Avouons-le, nous
avons menti en affirmant partir demain matin de très
bonne heure, seule façon d'obtenir le document de sortie sans
avoir à revenir demain comme demandé avec insistance par le douanier…
Avouons aussi, que lorsque nous verrons , imprimé sur le
document en question, qu'il est valable 48H, nous n'aurons
aucun remords ! 16H30, nous remontons dans le même taxi
qu'à l'aller. Le bonhomme conduit son engin à grand
renfort de Klaxon, cela devrait aller… 16H55, nous poussons la porte de
la Capitania dos Portos. Affalé derrière son bureau, le "
gorillon " pousse un grand soupir de lassitude…
coucou ! Nous agitons le document " indispensable
" pour bien lui montrer que tout est en règle, et qu'il n'a plu qu'à
s'y remettre. Je pousse même la gentillesse jusqu'à remplir pour lui un
autre imprimé. Le bonhomme qui ne porte pas de lunettes à beau
avoir les bras longs, ce n'est pas suffisant pour lui
permettre de voir ce qu'il est écrit, et nous ne tenons
pas à revenir demain… 17H, nous sortons et un matelot cadenasse
la porte derrière nous, OUF ! ! Le soir à la marina,
nous discuterons avec les équipiers de 2 voiliers Sud Africains
croisés à la capitainerie. Les formalités du 1er équipage, étaient terminées,
et les papiers dans les mains du " gorillon presbyte ". Tout en
s'occupant du 2ème équipage, sidérés, ils l'ont vu
consciencieusement froisser et jeter à la poubelle les
documents du 1er équipage !…Quoiqu'il en soit, les
obligations administratives ont été bouclées en une demi-journée…
Nous remercions vivement tous les fonctionnaires pour leur collaboration
sans laquelle rien n'était possible . Si si, j'insiste ! Mercredi
nous nous promenons à pied dans Fortaleza. Comparée à la trépidation de
Rio et Niteroi, la ville semble calme. Plus pauvre aussi, avec nettement moins
d'immeubles luxueux. On compte plus de petites constructions que de gratte
ciel. Une forme de taxi semble en vogue : la " moto-taxi ". Elle sont
jaunes généralement, et le conducteur porte un plastron orange
bien visible. Derrière lui, un casque, fixé par un filet
sur la selle, est destiné au client et unique passager.
Original, non ? Nous marchons longuement dans les rues. Il
fait très chaud, et nous renonçons à retourner dans le quartier éloigné
des pêcheurs traversé hier en voiture. Nous y avions aperçu au mouillage
un grand nombre de bateaux de pêche à voile, leur corne posée sur le
pont… nous y passerons demain avec ARKA ! avant de mettre cap au large.
Pour l'heure la piscine de l'hôtel nous attend, et vue la
température nous n'y résistons pas. Hummm… elle est
bonne !
Réception n°46 du 14 mai 23h : jdb du 4 au 12 Mai
Jeudi 4 mai 00 A 12H : 3°14,5 S - 38°29' W vent S 16/20
nds.
De bonne heure nous levons l'ancre et hissons les voiles. Cap
plein Nord pour commencer afin d'éviter de traverser
une zone " encombrée " par des plates formes
de forage et qui se trouve sur la route directe vers la Guadeloupe. Alors
que Fortaleza s'estompe doucement dans le sillage, une petite bonite (2
portions correctes) mord à la ligne et va attendre son heure
dans le frigo. En début d'après midi le vent tourne au
SE en forçant, et ARKA ! accélère franchement. La
nuit tombe lorsque nous entrons dans une zone de grains et de pluie
qui semble ne plus vouloir nous quitter : le Pot au Noir est déjà là !
Vendredi 6 mai 00 A 12H : 0°26' S - 39°19'8 W vent E 6/10
nds.
Nuit …agitée ! Le vent moyen 8/10 nds grimpe brutalement à 30
nds, accompagné de pluies diluviennes, pour retomber
aussi rapidement à 5 nds. Le tout sur un secteur qui
varie du Sud au NE en passant par l'Est. Cela dure 10 à 30 minutes
à chaque fois, et entre 2 nuages il s'écoule ½ heure, au mieux 1 heure
de répit . La journée se poursuit sur le même rythme, et à 16H20 précise,
nous franchissons la ligne entre 2 grains. L'hémisphère
Nord, ça commence à sentir le retour… en tout cas cela nous fournit
un excellent prétexte pour ouvrir une bouteille de cidre argentin.
Samedi 6 mai 00 A 12H : 1°42,6 N - 40°14,8 W vent SE 11/15
nds .
Dimanche 7 mai 00 A 12H : 2°48,6 N - 41°17,1 W vent E/SE 10/14 nds
Lundi 8 mai 00 A 12H : 3°58,1 N - 42°36,7 W vent E 8/10 nds.
Trois jours de vents fantasques, ponctués de grosses pluies sous
lesquelles nous nous douchons X fois par jour. A force,
nous finissons par être plus propres que des winches
neufs ! Les documents nautiques font état d'un courant océanique
de 1 à 2 nds portant au NW. En fait il porte exactement
à l'inverse, et nous l'avons en plein sur l'étrave !
Dimanche, alors que nous achevons tranquillement de déjeuner, le
moulinet se dévide. Presque en même temps, la 2ème
ligne se tend…et nous voilà subitement trés occupés !
L'une des 2 ligne casse, et sur l'autre nous remontons une grosse
coryphène. Pour moi, c'est une 10 portions. Le Rat qui aime bien les mesures
précises s'empare du mètre ruban et le verdict tombe : 1,05 m ! Un gros
tronçon va dans le congélateur, et le restant au frigo en attendant le dîner.
Peu après, un oiseau trop curieux se fait prendre à son tour par la même
ligne. Décidément ce leurre aux plumes multicolores à beaucoup de succès
! Libéré un peu ébouriffé, il reste sur l'eau se lisser les
plumes. A la nuit, un oiseau qui lui ressemble vient se
poser sur la capote en braillant comme un forcené ! …
Serais ce une réclamation? Lundi soir le vent semble s'établir
à l'Est de façon plus stable, et la dernière pluie
remonte à la mi-journée… Le Pot au Noir semble derrière nous.
Mardi 9 mai 00 A 12H : 5°31,4 N - 44°55,8 W vent E/NE 15/20
nds .
Mercredi 10 mai A 12H : 7°10' N - 47°17' W vent E/NE 15/18 nds .
L'alizé est maintenant bien établi, et vent de travers, ARKA !
allonge nettement son sillage. Le vent change peu de
direction, se contente de forcer la nuit (18/24 nds) et
mollir un peu le jour, cela devient… de vraies vacances
! Mercredi nous pêchons une autre coryphène (verdict du
Rat : 0,95m) ainsi qu'un beau thazar : 1,04m toujours
selon la même source, et un poids respectable ! C'est un
poisson qui ressemble un peu à un maquereau, avec un nez
pointu et une gueule ornée de dents également pointues. Il est gris, avec
des bandes transversales plus sombres sur les côtés. Une grosse
partie va au congélateur en compagnie de la coryphène,
et le restant à la marmite.
Jeudi 11 mai 00 A 12H : 8°59' N - 50°07' W vent E 14/18 nds
.
C'est mon anniversaire. ARKA ! doit le sentir, et avale plus de
200 milles en 24 h. Vous en connaissez beaucoup des
bateaux qui font un cadeau pareil à leur Pi'tain, vous ?
Gentil, non ? Nous nous régalons au dépend du thazar qui
fait les frais de la fête. La chair à la couleur et l'aspect de celle du
maquereau, la fermeté du thon mais sans sa sécheresse, et le goût
du thazar (vous voilà bien renseignés, non ? !) .C'est
un véritable délice !
Vendredi 12 mai 00 A 12H : 10°26,2 N - 52°20' W vent E 17/20
nds.
Navigation toujours aussi " vacancière " les bibliothèques
du bord ont beau être bien garnies, à force nous commençons
à être à court de nouveauté ! Nous pêchons une belle
bonite que Le Rat met en conserve. La mer a changé de couleur,
de bleue elle est devenue verte. Comme dirait Jean-François : " On est
bien " !…