Etape 6 : MAR DEL PLATA - RIO

Réception n°39 du 3 Avril 23h30 : jdb du 4 au 18 Mars 2000

Du 4 au 18 mars. Escale à Mar Del Plata.

Avant tout technique, cette escale est entièrement vouée à l'entretien d'ARKA! à qui nous le devons bien. Tous ensemble nous commençons par un grand ménage de printemps. Ici en Argentine, lundi 6 mars, c'est le jour de la rentrée scolaire. A bord, le résultat ne se fait pas attendre: Sébastien décide de changer d'hémisphère, et s'enfuit vers le Nord rejoindre d'autres occupations que nous ne lui envions pas. Mardi, la contagion gagne Tony. C'est terrible ce que la rentrée scolaire peut faire comme ravages ! A son tour il s'envole respirer l'air du pays. Salut, les amis… Bon courage pour le  retour à la vie sédentaire… et à bientôt ! Quand à nous, adeptes de l'école  buissonnière, nous poursuivons nos travaux. De la révision du moteur à  l'entretien de tous les winches (démontage complet, nettoyage, graissage, remontage) en passant par les séances de laverie automatique, la liste est  longue. Nous traquons la  moisissure. Tous les coffres sont vidés, nettoyés,  séchés, aérés… et re-rangés ! Pour le pilote automatique, la panne du vérin Lecomble et Schmitt est identifiée : tous les ressorts de rappel des pistons de la pompe hydraulique  sont cassés. Le mécanicien spécialisé qui s'est chargé de la réparation  assure qu'il n'y a que cela d'anormal. Pourquoi ont-ils cassés ? mystère… par  précaution il nous fabrique  des ressorts de rechange à emmener au cas ou …   Les pièces que nous attendions n'arrivent  en fait que le 14, assorties d'une mauvaise surprise. Nous sommes en transit, et le matériel que nous attendons,  destiné à la réparation du bateau, n'a pas à " s'orner " de taxes d'importation. Le transporteur, DHL, pratique un véritable racket en se substituant aux douanes et en considérant que tout ce qu'il achemine depuis l'étranger dans le pays, c'est de l'importation … Pour 2000 FF de matériel, nous devons payer 1400 FF de taxes ! ! Impossible d'avoir nos colis sans payer … Afin de ne plus perdre de temps, nous obtempérons et allons ensuite à la douane. Renseignements pris, ceux-ci affirment que c'est parfaitement illégal… mais … que c'est le règlement de DHL, et qu'une fois payée cette est irrécupérable ! CQFD !  Nous montons le moteur neuf sur le guindeau. Evidemment le modèle  changé…  les bornes de connexions sont différentes et plus du tout au même endroit ; ce qui nous vaut pas mal de " bidouillage " pour le câbler proprement. Petit  à petit la liste s'amenuise. Nous re hissons le génois   recousu que le voilier  vient de ramener, le départ approche… Bien sûr , nous avons retrouvé José Luis Bustamente et Oscar Basso. Comme en novembre, ils nous ont beaucoup aidé  et véhiculé ! Chacun leur   tour, nous les invitons à dîner à bord. José Luis vient en compagnie de son épouse et d'une amie de celle-ci, présentée par ce dernier comme une " abominable sorcière " ! En fait, la prétendue " sorcière "  est fort sympathique, parle admirablement bien notre langue (son père était français) et se révèle pleine d'humour et de bon sens. Oscar vient avec Félicia, sa femme. Cette fois-ci, c'est nous qui leur offrons le champagne.  En effet, le lendemain de notre arrivée à Mar Del Plata, Oscar fort content de nous revoir,  est venu nous chercher en barque pour nous inviter à boire  une bouteille de champagne argentin à la   terrasse de son café. Qu'est-ce qu'ils sont gentils ! ! Oscar est très tenté par un bout de route avec nous  à bord d'ARKA !… S'il parvient à se libérer, il nous rejoindra à Fernando Do  Noroñha pour rallier la Guadeloupe où Félicia nous retrouverait. Chouette alors ! Autre visite, celle de Maria et Claudia, les 2 adorables serveuses  du café del Puente. Elles nous connaissent bien maintenant, car avouons-le, la  terrasse du café était notre lieu de prédilection pour faire une pause … La veille du départ, leur journée   terminée, elles viennent visiter ARKA ! et nous dire aurevoir. Impossible de leur faire boire autre chose  que du maté ! Samedi matin, à 8H, tout est paré, et nous sortons du bassin. Alors que nous  rangeons tranquillement les pare-battages et les bouts d'amarrage, une  silhouette s'agite près du café. C'est Oscar ! nous nous rapprochons, et le voyons arriver en barque, juste pour nous souhaiter une dernière  fois bon  vent… Peu après, nous sortons du port, cap au Nord.

Réception n°40 du 9 Avril 23h30 : jdb du 18 au 27 Mars 2000

Traversée de Mar Del Plata à Rio de Janeiro
Samedi 18 mars à 12H : 37°56' S - 59°10' W vent S/SW 6/8 nds. Bon anniversaire , Le Rat !Vent nul au départ, puis faible, de Sud dominant. Mr Perkins ronronne toute la journée pour nous éloigner de la côte. Lentement les ours de béton de la ville s'estompent, puis, tout autour de nous ne subsiste que le bleu sans fard de l'océan. Vers 20H le vent monte, 14/15 nds de SW, et nous mettons à la voile. Sous GV et GN tangonné, ARKA ! tisse tranquillement son sillage cap sur la lune qui s'élève à l'étrave.

Dimanche 19 mars. A 12H :36°55' S - 54°27' W vent N/NE 4 /6 nds
Cela n'a pas duré, c'était trop beau… à 01H, le vent tombe complètement, et nous revoilà au moteur. Si ce n'est la visite de quelques dauphins probablement venus souhaiter une bonne fête au Rat, rien ne marque spécialement la journée… vers 21h le vent monte un peu, 7/8 nds de NW. Mr Perkins va dormir, et ARKA ! retrouve ses voiles.    

Lundi 20 mars A 12H : 36°11' S - 52°06' W vent N 12/16 nds.
Mardi 21 mars A 12H : 35°27' S - 50°32' W vent N/NE 22/30 nds
Toute la nuit au vent de travers, ARKA ! se régale et nous gratifie d'un bon paquet de milles. A midi, rotation au Nord, nous voilà au près. Ça c'est moins drôle ! Puis NE à l'heure du dîner, en forçant à l'aube (25nds réels établis) Nuit agitée ! Le vent fait comme le soleil, et monte encore (30nds) là, le louvoyage devient … humide !   A la nuit rotation au NW en mollissant 20/25 nds. Ouf !

Mercredi 22 mars A 12H 33°44' S - 48°01' W vent S  18/22 nds
Jeudi 23 mars  A 12H  32°06' S - 46°09' W  vent NE 13/15 nds
Vendredi 24 mars  A 12H 30°20' S - 47°28'5 W vent NE 32/38 nds
A 01H au moment du changement de quart, le vent en profite lui aussi pour changer de secteur, et tourne d'un coup au Sud. La houle, elle, renforcée par le courant reste obstinément au NE. Poussé par ce bon vent, ARKA ! ne demande qu'à accélérer … et tape très fortement ,dans la mer qui lui fait face, lorsqu'il retombe brutalement derrière les vagues à plus de 7 nds. Sur le pont, l'ambiance est au jet sous pression . Même dans la cabane, nous sommes obligés de rester en ciré : l'eau arrive avec une force suffisante pour passer à travers la toile pourtant imperméable !…A l'intérieur, impossible de dormir, les mouvements sont franchement brutaux : avec les " coups de frein ", nous glissons vers l'avant dans les couchettes et allons nous cogner la tête ! ! ARKA ! a rarement été secoué à ce point. En fin de matinée, le vent mollit un peu, et le rodéo devient moins brutal. En rentrant d'une manœuvre au pied de mât, je trouve un 1er exocet sur le pont et je m'empresse de le ramener au Rat : c'est vrai regarde, le climat change ! Autre signe, les albatros à bec jaune ont déserté le ciel, et seuls quelques pétrels tempête nous suivent encore. Jeudi matin de bonne heure, le vent qui avait tourné au SE poursuit sa rotation et revient au NE, son secteur favori dans la zone. Toute la journée, vent variable en force et direction. Nous manœeuvrons beaucoup, tachant d'exploiter au mieux chaque bascule. En début de nuit, temps à grains (20/30 nds) puis Mr Eole s'établit un cran au-dessus (28/35 nds)… toujours du NE. Le près dans la brise, n'est pas vraiment notre allure favorite, et les temps à grains encore moins ! Sous GV à  3 ris et GN à la 4ème marque, ARKA !   poursuit sans faiblir, cap au N Le déjeuner de ce vendredi est agité, mais à l'heure du thé, la perturbation passe, le baro remonte, et le vent passe au… SW ! Il est moins fort et sous GN tangonné, ARKA ! fonce en ruant vers Rio de Janeiro.

Samedi 25 mars A 12H 28°39' S - 46°37' W vent SW 17/20 nds
Dimanche 26 mars A 12H 26°30' S - 45°17' W vent E 9/10 nds
Lundi 27 mars A 12H 25°06' S - 44°50' W vent NE 10/12 nds
Au matin, mauvaise surprise : en inspectant le gréement, nous nous apercevons que 4 torons de l'inter (hauban latéral au niveau du 2ème étage de barre de flèche ) sont cassés à ras du sertissage. L'ancrage de la bastaque étant juste à côté, nous assurons la tenue avec cette dernière en attendant de réparer à Rio. Nouveau bricolage en perspective… Alors que le Rat s'emploie au métier de coiffeur pour homme sur ma tignasse, une 1ère coryphène mord à la ligne (une 2 portions très gros mangeurs). Juste à la bonne heure pour faire partie du menu de midi.Gentil, non ? Un vrai régal !   Lorsque le vent tourne au SE, la nuit tombe et les étoiles s'allument dans un ciel dégagé. Nuit splendide ! Dimanche matin, beaucoup de poissons volants sillonnent les parages. Peu après un beau thon mord à la ligne, et se décroche avant d'arriver à bord (c'est notre faute, nous n'avons pas ralenti le bateau.). Le vent tourne à l'Est et nous revoilà au près. A l'heure du thé une belle coryphène monte à bord, et prend la irection du congélateur. Celle-là, nous la réservons pour le festin du retour en France. Autre nuit splendide, ou l'on ne se lasse pas de regarder le ciel… Il fait même chaud ! A l'aube le vent tombe, et Mr Perkins prend le relais jusqu'en fin de matinée où Eole retrouve son secteur NE favori. Voiles bordées, ARKA ! se prélasse dans de petits airs, louvoyant lentement vers le Nord.

 Réception n°41 du 9 Avril 23h30 : jdb du 28 au 29 Mars 2000

Mardi 28 mars A 12H30 24°51' S - 43°19' W  vent NE 15/20 nds

Mercredi 29 mars A 12H30 mouillage dans l'anse de Jurujuba, baie de Guanabara Nuit dansante. Le vent ne dépasse pourtant pas 20 nds, mais la mer est curieusement agitée. Courte, dure, elle ralenti beaucoup ARKA ! tout en nous secouant désagréablement, jusqu'en milieu d'après midi ou le vent s'absente quelques heures. Moteur ! Dans la nuit tombante, de nombreux éclairs illuminent le ciel devant nous. Peu après le vent monte brusquement à 25 nds.  A peine la voilure envoyée, il s'évanouit. Bon, un coup pour rien ! Seuls restent les éclairs, tout autour de nous maintenant. Mr Perkins reprend du service, et nous sort de la zone sans faiblir. Le soleil se hisse au-dessus des nuages lorsque la terre apparaît. Lentement le paysage émerge du bleu, et le vert sombre ou le noir des reliefs habille l'horizon. Reliefs, symboles de Rio, le corcovado et sa croix immense, ou là, regardez bien, plus bas sur la droite, le pain de sucre. On devine les bandes claires en bord de mer des plages d'Ipanéma et de Copacabana. Vu de mer, le mélange des immeubles dressés au milieu de cette nature superbe  est assez extraordinaire… Plusieurs forts défendent l'entrée de la baie de Guanabara. Ici, la nature s'est faite douce, et les roches brunes sont lisses, magnifiques et coiffées d'une végétation d'un vert profond et tendre à la fois. Qu'est-ce que c'est beau ! Deux villes reliées par un pont immense se partagent la baie. Rio, à l'Ouest, Niteröi, juste en face à l'Est. Passé Punta Da Santa Cruz, nous engageons ARKA ! dans l'anse de Jurujuba, juste au Sud de Niteröi. C'est là,  en effet, où Daniel Machado, le Commandant de la station de Trindad, nous avait invité à venir en Novembre dernier. Au moment de mouiller devant le club naval, petit problème : la chaîne ne veut pas sortir du puits… inspection faite, elle est totalement emmêlée sur elle même… Il nous semblait bien avoir rarement été secoués à ce point pendant cette traversée.   Maintenant, c'est certain : c'est la 1ère fois sur ARKA ! que la chaîne (diamètre 12mm) se coince sur elle-même comme cela !… Un peu de sueur plus tard, tout rentre dans l'ordre et ARKA ! mouillé dans 4m d'eau, tire  doucement sur son ancre.    Escale à Rio de Janeiro du 29 mars au ---- Avril. Sitôt à terre, nous nous rendons au secrétariat du club Naval de Charitas, afin de contacter Daniel Machado. Le personnel administratif se montre assez peu sympathique. Peu coopérant également. Enfin arrive un homme plus âgé, qui gentiment nous emmène au standard téléphonique et compose lui-même le numéro. Au bout du fil, Daniel a l'air enchanté de nous entendre, et annonce qu'il viendra nous voir vers 18H en sortant du travail.En revenant vers l'annexe, une voix chantante, mêlée d'un léger accent britannique nous interpelle. " Bonjeour ! je m'appelle Souzy, jé souis sour le bateau jaune, ça va ? " frêle silhouette coiffée d'un grand chapeau de paille, Susy est adorable. Elle déclare aussitôt être ravie que nous soyons là car cela va lui permettre de pratiquer son français… Nous bavardons un bon  moment, et Susy nous donne rendez-vous demain matin à 09H pour nous emmener en voiture à Niteröi où nous pourrons changer de l'argent et commencer les formalités d'entrée au Brésil… Gentil, non ?  Comme annoncé, Daniel arrive vers 18H, sous une forte averse qui n'entame en rien son sourire. Quel plaisir de se retrouver ici ! Après un verre à bord, il nous emmène dîner chez lui à Rio, où sa femme et son fils attendent de faire notre connaissance. Traverser une ville en voiture au beau milieu des embouteillages est toujours aussi peu agréable. Après plusieurs jours à la mer, c'est même franchement étouffant… Heureusement, le plaisir de la découverte prime, et les yeux grands ouverts nous regardons tout avec curiosité. Vus la nuit, certains quartiers de Niteröi ressemblent à une ville Européenne. Bientôt nous roulons sur le pont Présidente Costa e Silva qui enjambe la baie  de Guanabara et se hisse jusqu'à 60m dans les airs. Les lumières jaunes, rouges, blanches, bleues, vertes, scintillent, brillent ou se reflètent dans les eaux sombres qui bordent les quais noirs ou les plages claires. Sur le  Corcovado, le Christ en croix illuminé est nettement visible, ainsi que les sommets du pain de sucre. Les avions décollent et atterrissent sans discontinuer sur les pistes en bordure de la baie, et leurs flashs mouvants ajoutent encore à la sensation d'agitation qui se dégage de l'ensemble. Une ville animée, gigantesque. Une ville qui pourrait n'être " qu'une grande ville " comme il en existe tant. Et pourtant celle-ci semble unique, à part, envoûtante. Peut-être est-ce le fait de savoir que c'est… Rio de Janeiro ?   Rio, le nom chante agréablement, chaleureusement Que c'est beau ! ! Dans la nuit ,la zone portuaire aux énormes grues semble gigantesque. Des centaines de véhicules sont parqués attendant leur chargement à bord de navires spécialisés qui les transportent en Europe ou ailleurs. Dans certaines zones, de nombreux navires de guerre sont à quai. Le pont franchit, nous prenons un boulevard qui ressemble un peu aux périphériques de nos grandes villes. Et là, Rio c'est aussi de très beaux embouteillages. Très réussis, pratiquement aussi bien que ceux qui paralysent la région parisienne un soir de grève SNCF ! Rassurez-vous, nous avons encore un peu d'avance… oui, oui, ici, les automobilistes cariocas (habitants de  Rio) semblent prendre tout cela avec nettement plus de décontraction. Laissant le port derrière, nous abordons la ville. Les immeubles s'espacent,  le périphérique serpente maintenant entre des collines couvertes de maisons en briques creuses, serrées les unes contre les autres. Peu après l'auto s'enfonce dans la ville, et nous arrivons chez Daniel. Il habite un appartement au dernier étage d'un bel immeuble. L'entrée du parking souterrain, fermée par une lourde grille, est gardée en permanence. Sécurité…

 Réception n°42 du 11 Avril 23h30 : jdb étape de RIO

Ana et son fils Hugo nous accueillent chaleureusement. Daniel leur avait arlé de nous, et ils sont aussi heureux que nous de cette rencontre. En compagnie de la sœur d'Ana et de son mari, forts sympathiques eux aussi, le dîner animé et joyeux passe vite ! Daniel tient beaucoup à nous faire connaitre sa ville, et nous donne rendez-vous samedi prochain pour une visite guidée. En attendant, nous ferons les formalités d'entrée dans le pays, et commencerons nos réparations. Tard dans la nuit nous regagnons le bord, et retrouvons ARKA ! quisemble dormir paisiblement dans la douceur de cette 1ère nuit brésilienne. Comme convenu Susy nous   attend pour aller à Niteröi. La toujours peu aimable secrétaire du club nous a fourni les adresses des 4  services où nous devons nous rendre. 2 sont à Niteröi, 2 à Rio. Après un arrêt à la " Banco Do Brazil " une des  rares à disposer de distributeurs automatiques acceptant les cartes Visa, Susy nous dépose près de la Policia Federal et nous ayant montré sur un plan où sont les différents services, nous souhaite un bon courage pour attaquer ce qui est unanimement considéré comme un redoutable parcours administratif. Merci Susy, à ce soir ! Les bureaux de la Policia Federal sont installés dans les étages d'un immeuble administratif,  au cœur d'une rue piétonne, animée par de nombreux   commerces. Pour l'heure nous ne nous attardons pas, pressés d'en finir avec ce qu'il faut bien appeler une corvée . 24 rue Sao Pedro, c'est là, nous entrons. Un homme qui fait office de gardien (ou concierge ? ) nous désigne l'ascenseur après s'être enquis de ce que       nous cherchons. Le voyant d'appel clignote, puis s'éteint. La porte s'ouvre sur une cabine rectangulaire. A  l'opposé, un homme assis sur une chaise près du clavier de commande de l'engin , tournant le dos à l'entrée, fait face à une autre porte. Plusieurs personnes montent en même temps que nous ; chacune annonce son   étage en entrant, puis toujours sans se retourner, le machiniste barbu pianote sur les  boutons et à chaque arrêt annonce l'étage. Nous y voilà. La 1ère personne interrogée nous indique du doigt un bureau. Derrière le comptoir, 3 fonctionnaires en civil s'affairent devant des piles de passeports, ou poursuivent de longues conversations téléphoniques . Notre tour arrive, il est 11H, et le seul fonctionnaire qui semble habilité à tamponner nos passeports nous demande de revenir à 14H, car il s'en va. Bon. Profitons en pour visiter un peu la ville, puisque les formalités d'immigration sont un préalable indispensable pour entreprendre les  autres, nous ne pouvons aller à la douane. Retour dans la rue. Nous déambulons lentement au milieu d'une  agitation colorée et bruyante. Héritage portugais, quasiment tous les trottoirs sont pavés. De très nombreux vendeurs de rue proposent leurs   marchandises. Cela va d'un petit étalage à 3 ou 4 articles tenus à la main. L'un propose 3 tubes de colle rapide dans une main et 2 paquets de piles baton dans l'autre en essayant de vanter sa marchandise plus fort que sa voisine qui, elle, propose une boite de cotons tige, 2 briquets jetables et des bonbons . Ici, un autre vend des housses de téléphone portable. A côté un " stand " cartonné de bracelets montre en matière plastique, près d'un étalage de boutique rebondi,débordant de petites culottes multicolores. Les  boniments fleurissent, et le tintamarre général est assez réussi ! Sur une place pavée, à l'ombre de grands arbres, d'autres marchands proposent des fruits: Kaki, maracudja, poire, citron  essentiellement, ainsi que des fruits inconnus pour nous, ayant l'aspect d'un petit artichaut et présenté en caissette de bois. Plusieurs étalages d'herbes variées également, ainsi que des vendeurs de boissons rafraîchissantes ou de télécartes. Partout des téléphones publics, installés dans des ½ sphères bleu- roi . Ici, on les appelle " grandes oreilles " ! beaucoup de " lanchonetes ", sortes de petits bars, proposent " 1 salgado + 1 refresco : 1 réal "(ou moins) ce qui met " le salgado " (sorte de beignet farci à la viande et aux épices) et la boisson fraîche à 3F50. Nous avons juste le temps d'y goûter, il est presque 14H. Retour au 24 rue Sao  Pedro. Cette fois-ci on nous fait entrer dans une autre  pièce. Après avoir longuement examiné nos passeports, la personne assise derrière son bureau nous pose de nombreuses questions sur notre voyage. Il est sympathique, et la discussion qui a d'emblée pris un ton amical dure. Brusquement, la porte s'ouvre. Un homme entre à moitié, et d'un geste précis lance un bonbon à son collègue. Ces deux là doivent avoir une longue complicité, et répété souvent leur numéro, car le bonbon tombe pile dans la main ouverte au-dessus du bureau ! Sans un mot, le lanceur referme la porte et disparaît, pendant que le bonbon est posé à côté d'une pile de papiers. Cela fait maintenant ¾ d'heure que la discussion dure… et je me risque à lui reparler de l'objet de notre visite ici -un policier qui mange des bonbons ne peut pas être foncièrement mauvais ! - très gentiment il prend aussitôt son téléphone portable (il n'y a pas de poste fixe dans la pièce) se renseigne, puis nous annonce que pour cette formalité il faut attendre le retour de son collègue ! !… Peu après, 2 coups sourds ébranlent la cloison derrière lui. Il se lève, disant qu'on l'appelle au téléphone, le fixe celui-là, et en nous demandant d'attendre sort en refermant la porte. ¼ d'heure s'écoule, nous attendons toujours. ½ heure. Rien à regarder, la pièce est triste à souhait. Une heure. Voilà maintenant 1H que nous sommes seuls a  attendre dans ce bureau oublié. Rien pour distraire l'œil, si ce n'est… le bonbon. Le bonbon dans son papier  argenté  rehaussé d'orangé flamboyant. Je me suis bien rendu compte que Le Rat lorgne  dessus depuis un moment. A force d'ennui, ce bonbon nous tente désespérément... Enfin n'y tenant plus, je m'en empare avant que Le Rat ne se jette dessus. Josette étouffe son rire. Encouragé, j'ouvre le papier : un caramel - là, c'en est  trop… Bon prince, je le coupe en 2, en englouti la moitié sans attendre, et offre l'autre morceau au Rat qui ne  contient plus son rire. Pendant qu'elle avale son ½ caramel, je roule en boule un morceau de papier, le fourre dans l'emballage vide, et le repose exactement à sa place comme si de rien n'était. Ce n'est qu'après, alors que le goût de ce délicieux caramel s'estompe dans le palais que nous réalisons que nous avons peut-être commis un grave délit… Vol de bonbon à un agent sans uniforme dans l'exercice de ses fonctions… Sûr, à défaut d'un bon avocat, il va nous falloir un bon confiseur pour réparer cela ! Pas de remords en tout cas, et puis le voilà … Il se rassoit , toujours aimable, et nous explique que peut-être nous devrions revenir demain matin. Là, horreur, il saisit le bonbon, l'ouvre…et prend un air étonné en ne trouvant rien d'autre qu'une boule de papier, et sans se poser plus de question, le jette dans la corbeille à ses pieds… ouf ! Nous n'attendons pas davantage, et prenons congé immédiatement - D'accord, nous reviendrons demain ! En sortant, pris de remords, nous avouons quand même notre forfait … sans pouvoir nous empêcher de rire. La réaction ne se fait pas attendre : il sort immédiatement 2 bonbons de sa poche revolver qu'il nous offre avec un grand sourire ! ! Il est 16H30 lorsque  nous retrouvons la rue et son agitation et regagnons Jurujuba par le bus .La route longe le bord de mer, entre les plages et les immeubles. Beaucoup d'entre eux sont trés modernes, et portent des noms français tels que "Place Vendôme", "Champs Elysées" ou "Excelsior"...Nous  croisons Susy sur le ponton, et un peu dépités, lui faisons part de notre  1ère expérience de l'administration brésilienne. Rapidement la conversation glisse vers  d'autres sujets, et nous en apprenons un peu plus sur elle. Avec Renato, son mari, ils ont navigué de  nombreuses années autour du monde. Entre autres, ils ont passé 2ans et ½ en Polynésie française et tous les 2 parlent bien notre langue. Depuis 1 an ils ont amarré Samba au ponton du club Naval, et continuent à vivre à bord. Renato travaille pour le compte de la compagnie Pétrolière Brésilienne près d'ici à Niteröi, et nous    ferons sa connaissance le lendemain soir dans le carré d'ARKA ! Vendredi matin, nous revenons à la Policia Federal. Fermé. Hier avant de partir, on nous a dit que s'il n'y avait personne, nous n'aurions qu'à aller à Rio. Sans attendre nous allons prendre le ferry. Plusieurs compagnies proposent leurs services : cela va du catamaran rapide avec air conditionné et télévision pour gens pressés, au vieux ferry sans confort pour gens moins pressés, en passant par des vedettes sur hydrofoil. Sans hésiter nous choisissons les vieux ferry, terriblement sympathiques avec leur air d'autobus d'avant guerre flottant. Ici , l'air conditionné est assuré par les vitres toujours ouvertes, et le vacarme de la télévision avantageusement remplacé par le grondement sourd des machines qui font vibrer tout le bâtiment . Et puis, au rythme lent des hélices, la baie de Guanabara se laisse admirer…sans hâte, la ville grossit doucement jusqu'à embrasser tout l'horizon, et accueille le voyageur sans transition brutale. Un policier municipal nous indique le bus à prendre et l'arrêt à demander. Craignant que nous n'ayons pas bien compris - en ce qui concerne l'arrêt, il   a bien raison ! - il nous conduit dans la station souterraine, et quand le bus arrive, demande lui-même au chauffeur de nous faire signe au bon arrêt. Merci, Monsieur l'agent ! Alors que le bus est arrêté, un voyageur me fait signe de regarder le chauffeur qui gesticule sur son siège à notre intention. Fort occupés à ne rien perdre de ce qui nous entoure, nous avons oublié de le surveiller ! Rapidement nous descendons, et entrons dans un grand bâtiment portant l'emblème de la Policia Federal. Un gardien en uniforme, gros et gras, armé jusqu'aux dents (3 revolvers !) nous indique que nous devons faire le tour et entrer de l'autre côté de l'immeuble. Bien monsieur. De l'autre côté de l'immeuble, un vaste hall donne sur de nombreux guichets. Renseignements pris, on nous demande d'attendre la personne concernée qui arrive peu après. Non, ce n'est pas lui qui peut s'occuper des formalités d'immigration. Il faut aller dans un autre service, dans un autre bâtiment de l'autre côté, de la rue d'où nous venons. Bien. Nous entrons dans un bâtiment blanc, le terminal passager, qui ressemble plutôt à une galerie marchande d'arts luxueuse. C'est bien là ! Un grand barbu en civil, qui se présente comme travaillant au service des douanes où nous devons nous rendre ensuite, nous conduit à travers les couloirs. Ayant habité en France il lui reste des rudiments de notre langue qu'il rassemble tant bien que mal, ce qui semble lui faire plaisir. Enfin nous trouvons l'agent chargé du contrôle de l'immigration. Oui, pas de problème, il s'en occupe. Puis, apprenant que ARKA ! est à Niteröi, se ravise, et nous dit que nous devons faire ces formalités au bureau de Niteröi. Nous avons beau lui expliquer ce qui s'est passé, rien à faire, il faut revenir là-bas, et si cela dure, demander au service concerné de lui téléphoner… Là dessus, notre douanier qui avait annoncé qu'il s'occuperait de régler ensuite les formalités douanières se ravise, et annonce à son tour que nous devons les faire à Niteröi, avant de revenir à la capitainerie , icià Rio ,avec ces documents. GRR… le pire, c'est qu'avec tout cela , ils sont gentils… mais le règlement, n'est ce pas… Le bus pour Niteröi passe devant le bâtiment, et il nous conseille de l'emprunter, à cette heure-ci la liaison est rapide. Retour à la case départ. Il n'est que 11H, et avec un peu de chance, nous arriverons à temps. De jour, du haut du pont, la vue sur la baie est splendide. C'est toujours cela ! Rue Sao Pedro. Pour la 3ème fois nous retrouvons l'ascenseur et son machiniste. Nous ayant aperçu, le mangeur de bonbon vient nous dire bonjour, et nous indique où attendre son collègue qui est bien là… OUF ! Souriant bronzé, arborant montre, gourmette et chaîne en or, " le " bon fonctionnaire arrive enfin. Ce n'est pas le même que nous avions vu hier matin, mais chut ! pas question d'en faire état ! ! D'un coup de poignet viril il appose un timbre illisible sur nos passeports, recueille le double de la fiche de renseignements, et nous informe solennellement que nous sommes autorisés à  rester 90 jours dans le pays ; visa renouvelable une fois, la sortie du territoire étant ensuite obligatoire. (On peut revenir le lendemain de cette sortie à condition d'avoir fait entrée et sortie dans  un autre pays entre temps). Ne pensant rester que quelques jours, et vu le temps que prennent ces  formalités,  nous lui demandons si il est possible de faire maintenant celles de sortie… Non, dit-il très sérieusement, c'est impossible car nous restons plus de 2 jours. Il faudra revenir… 2 jours avant le départ… passons ! Sans attendre, nous filons à la douane, dont les services semblent fonctionner toute la journée. L'immeuble est moderne. L'ascenseur, sans bruit, et sans secousses, mais sans machiniste, nous propulse au 6ème étage. "Oui, c'est ici. Attendez " .  Abrégeons : 3 bonnes heures plus tard nous sortons. Rien n'est fait. " Le " douanier veut venir sur le bateau, et nous a donné rendez-vous lundi à 14H à bord, où nous ferons toutes ces formalités… Agaçant, non ? Après avoir fait quelques courses, nous reprenons le bus. Ici ils sont nombreux et très utilisés, les voyageurs montent à l'arrière, et règlent leur passage au receveur, bien calé sur son siège devant un petit portillon. Prix unique, quelque soit la distance parcourue sur la ligne. Les chauffeurs semblent pratiquement tous être les fils spirituels des champions automobiles brésiliens, et s'emploient à mener leur engin aussi vite que possible entre deux arrêts. Pour descendre, c'est simple, il suffit de tirer sur la ficelle qui court au plafond, de l'arrière à l'avant, et de se diriger vers la porte pour bien montrer son intention. La bonne soirée en compagnie de Susy et Renato nous font bien vite oublier nos " émotions administratives ". Samedi matin nous faisons un peu plus connaissance avec Pierre et Dominique Brizay sur Goemonhour, voilier français venu mouiller dans la baie, puis Daniel vient nous chercher pour une visite guidée. La journée est bien remplie : les sites panoramiques d'où la vue est splendide au-dessus de Jurujuba, une longue promenade dans Rio où les immeubles ultra modernes côtoient l'architecture classique des bâtiments tels que le théâtre municipal ou le musée des Beaux Arts, sans oublier les inévitables visites au sommet du " Pão de Açucar ", les plages de Copacabana et d'Ipanema. Avant de rentrer, nous demandons à Daniel de nous arrêter dans un magasin. Lui , Ana et Hugo viennent demain à bord et nous sommes en panne de Guarana. Cette boisson non alcoolisée typiquement brésilienne est élaborée à partir d'un fruit que l'on trouve en Amazonie. Un vrai délice ! Quel dommage que l'on n'en trouve qu'au Brésil, car cela plairait certainement à beaucoup et offrirait une autre alternative agréable aux boissons gazeuses maronasses " made in América " dont les panneaux rouges agressifs deviennent franchement envahissants. Bref, Daniel choisit de nous arrêter dans un centre commercial. Dès l'abord, le ton est donné. Un métro aérien automatique relie différents modules. A  l'intérieur, le luxe de la décoration laisse pantois face à la laideur  des centres commerciaux de la région parisienne… Des espaces gigantesques sont réservés aux enfants. Seul point commun avec ce que nous connaissons : la foule ! et il n'y a pas toujours ce que l'on cherche : pas de guarana ! Finalement nous en trouverons dans une station service un peu plus loin . Nous rentrons à bord contents, plus fatigués que par 24H de navigation dans la brise, un peu sonnés par le bruit et l'agitation de cette journée menée à un rythme de samba. Dimanche matin nous réparons le hauban abîmé, puis Ana, Daniel et Hugo arrivent. Après le déjeuner dans le carré - menu typiquement français bien sûr !- nous levons l'ancre et allons tirer quelques bords dans la baie pour le plus grand plaisir de Daniel qui envisage d'effectuer dans quelques années un long voyage à bord d'un voilier. Après un dîner rapide au bar du club, ils  nous quittent, Hugo devant être frais et dispos pour retrouver son école demain matin (le pauvre…). Pierre et Dominique arrivent en quête d'un repas tout prêt. Tard dans la nuit nous échangeons nos expériences dans le carré d'ARKA ! Ils son très, très sympathiques, et leur décontraction, un vrai bonheur contagieux ! Cela fait maintenant plusieurs mois qu'ils sont au Brésil, et leurs descriptions nous donnent fortement envie de revenir… (le mieux serait encore de profiter des 2 fois 90 jours durement obtenus récemment, mais cela risque de ne pas plaire à notre compte en banque !… Lundi nous poursuivons nos réparations. Le vérin du pilote est déposé et amené aux ateliers du club ou plusieurs mécaniciens, électroniciens,électriciens, ainsi que d'autres corps de métier, exercent à titre privé. Nous nous activons, et tout ce que nous avons prévu de faire avance bien., lorsque vers 14H , on nous hèle du ponton. Le douanier ! nous l'avions oublié… Je vais le chercher avec l'annexe. Une jeune femme l'accompagne, " pour traduire " dit-il, car elle parle français. Rapidement, les questions qu'il nous pose n'ont qu'un très lointain rapport avec " sa mission ". La traductrice semble plutôt être sa " petite amie ", et la discussion devenue franchement amicale se poursuit longuement devant un café. Puis, en quelques minutes les formalités sont expédiées (entrée et sortie, s'il vous plaît !) et nous voilà parés pour effectuer à Rio les démarches restantes. Nous n'allons d'ailleurs pas nous presser, et même " oublier " d'aller voir le service de santé. Pourquoi faire, puisque nous sommes en pleine forme ? la capitainerie, dernier service à aller voir, ne nous demandera d'ailleurs pas ce document " obligatoire ". OUF ! Les jours passent … vite . Susy nous rend milles services. Voilà plusieur  jours maintenant que nous sommes   prêts. Il ne manque plus que les ressorts de  rechange que nous avons fait fabriquer pour le vérin : cela fait 2 fois que l'atelier se trompe de côte , et à chaque fois il y a 2 ou 3 jours de délai. Nous ne râlons  même pas pour la forme, car ce retard nous permet de passer un peu plus de temps avec Pierre et Dominique, de  faire la connaissance de leur amie Véronique aussi sympathique qu'eux ; d'aller dîner chez Daniel et visiter d'autres quartiers de Rio. L'un d'eux, très animé, ne comporte que des rues piétonnes pavées, dédiées aux bars et aux buveurs. Daniel nous explique : plutôt que de se ruer au volant de leurs voitures dans les embouteillages, nombreux sont les cariocas qui préfèrent venir ici boire un verre avec leurs collègues en attendant que la circulation s'apaise. Je ne sais pas ou en est ici l'égalité des sexes dans le travail. En tout cas au bistrot, la parité est une réalité : autant de femmes que d'hommes ! Ces  dames sont d'ailleurs encouragées à venir, leurs consommations étant 2 fois moins onéreuses que celles des hommes, à boisson égale bien sûr ! Nous essayons également plusieurs types de restaurant. Classique à la carte,et deux formules où l'on se sert soi-même :  ceux à prix unique, dans lesquels pour une somme forfaitaire on mange ce que l'on veut, ou peut - pour les goinfres. Seules les boissons sont en supplément. Plus original, les restaurants au poids : on se sert, et l'assiette est pesée. Quoi de plus équitable ? Les prix pour nous sont très raisonnables, et se situent dans une fourchette de 2 à 4 F les 100 grammes selon les restaurants. Un point commun à tous, on se régale ! Lundi matin, Adeido (l'un des mécaniciens  m'emmène à Rio pour faire refaire une 3ème fois les ressorts. Là François et Satanas, je sens que vous allez être jaloux, mais tant pis : il roule en coccinelle… Oui, je peux le dire, je suis allé à Rio en traversant la baie de Guanabara en coccinelle ! Remettez-vous, attendez la suite… moi qui ai horreur du football, j'ai même eu droit à un détour pour aller voir le temple : le stade de Maracana. Un gros tas de béton gris et bleu, sans intérêt… mais il n'y a rien eu à faire pour l'éviter, mon " chauffeur " considérait cette visite comme obligatoire. Il aime le football, lui !… Au retour, du pont, la vue sur le rade est  splendide. Le soleil est haut, écrasant, et les teintes pastel dominent. De nombreux bateaux sont au mouillage, vraisemblablement en attente de chargement, vu la hauteur des francs bords. Leurs silhouettes sombres et un peu floues se détachent sur le bleu très clair de l'eau (ça, c'est un miracle de la lumière, car elle est tout sauf limpide !). Plus loin, la baie prend la teinte blanchâtre des nuages rassemblés au-dessus des montagnes qui se découpent en arrière plan, en jouant sur la gamme des gris pâles… Samedi dernier, Goemonhour est parti à Ilha Grande à la recherche  d'autre plaisirs. Bon vent les copains ! Le salon Nautique de Rio ouvre ses portes aujourd'hui mardi 11 avril. Susy et Rénato vont y faire ce soir un exposé sur leur expérience de 20 ans de vie sur un bateau. Prévoyant qu'ils vont rentrer tard, nous avons été leur dire  au revoir hier soir, car nous comptons partir demain matin de bonne heure. Promis, Susy, on garde le contact. Et vous, si vous mouillez à Jurujuba, allez les voir, ils vous attendent sur Samba, leur voilier jaune, juste au bout du ponton au club Naval Charitas.

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