Etape Porto Santo - Îles du Cap Vert
Réception n°4 du 22 Septembre 14h
Lundi 20/09 : Départ de Porto Santo pour les îles du Cap Vert Heures TU.
Le beau temps revenu, le mouillage a retrouvé son calme, et il est tentant d'y
rester...un peu plus! Vers 12H30, nous relevons l'ancre, et mettons à la voile poussés
par un petit vent de N. En fin d'après midi, nous passons entre Madère à Tribord et les
Ilas Désertas à Babord. Groupe d'îles remarquables: au N le rocher Farilhão se dresse,
phare solitaire, véritable épée de pierre
d' une cinquantaine de mètres à l'avant garde de l'île Chao, deux fois plus haute,
horizontale, et bordée de falaises impressionnantes à dominante ocre rouge.Suivent les 2
longs croissants de la Grande île Déserte et de l'île Bugio qui ferme la marche au Sud.
De Madère, nous ne voyons , que les côtes N et l'extrémité S. Le coeur de l'île et
Funchal se cachent pudiquement sous un voile de nuages. Peu après, une 1ère dorade
coryphène mord à la ligne, et monte à bord. Elle n'est pas bien grosse ( une quatre
portions gros mangeurs) mais sera parfaite pour l'ordinaire du bord!
Mardi 21/O9 A 12H 31°10N - 17°42W vent NW 2/4 nds
Le vent ne s'étant pas levé ce matin, nous continuons au moteur. Pour moi, au programme,
un peu de bronzette sur le pont pendant que Didier installe le gros moulinet de pêche
dans le balcon arrière Tribord. A 11H il est temps de s'occuper de la daurade, il s'agit
bien d'être à la hauteur de la pêche! Voici donc la recette du plat du jour: pêcher
une coryphène proportionnée au nombre et à l'appétit des convives (bonne chance!)la
vider, bien la rincer à l'eau de mer (du large de préférence). Dans un plat allant au
four, installer soigneusement: des petits morceaux de tomates artistiquement mélangés
avec des lamelles d'oignons, de l'ail et du jus de citron, allonger délicatement le
poisson sur ce lit moelleux, l'assaisonner et le couvrir de fines tranches de citron (pour
qu'il n'ai pas froid!) Préchauffer le four suffisamment et mettre le chef d'oeuvre du
jour à cuire. Pour le temps de cuisson, débrouillez-vous.(vous ne pensez tout de même
pas que Tata Josette va livrer ses secrets comme ça, non?). Salivez dès que l'odeur
devient stimulante, mais patientez encore un peu....Avec du riz, c'est un RÉGAL!!
Réception n°5 du 28 Septembre 22h
Mercredi 22/09 A 12H : 29°05N - 18°48,4W vent S 8/10nds
Ce matin, au lever du jour, nous avons mis 2 lignes de traîne espérant bien
prélever notre ration de protéines quotidienne. Vers 10H, une touche, nous nous
préparons à accueillir ce don de la nature, mais grande fût notre déception en
remontant une magnifique petite dorade coryphène multicolore (une 2 portions enfant
n'aimant pas le poisson!) Innocente, pourquoi t'es-tu laissé prendre à notre leurre,
allez retourne vite d'où tu viens... et Plouf AU REVOIR.....(le déjeuner). En sourdine,
nos estomacs espèrent vivement que ce geste généreux n'aura pas échappé à l'oeil
clairvoyant de maman ou papa coryphène, qui, touchée par tant de sollicitude,....
pourrait peut être... venir à bord nous remercier??! A l'heure du déjeuner ( sur la
terrasse), au lieu de poisson, nous avons une petite brise de sud, 6 à 8 nds et nous
mettons à la voile.L'après midi se passe tranquillement sur le pont, après une petite
sieste, un peu de lecture et bronzette pour moi et quelques petits travaux manuels de
matelotage pour Didier.
Jeudi 23/09 A 12H: 28°00N- 19°21,1W vent S 8nds.
Nuit calme. ARKA! glisse doucement au près dans une petite brise de S. A midi, nous
sommes bien contents d'avoir gagné 70 milles vers le but, pour 94 milles parcourus au
louvoyage dans des vents variables de 4 à 8 noeuds ( 10 dans les grands moments). Ce
n'est pas si mal, quand on sait que le cap direct est au 200, et que le vent oscille entre
le 180 et le 220 !
| Il y a toujours une bonne houle de NW, envoyée par les coups de vent qui sévissent "là haut", et qui rend les bords vers l'W nettement moins favorables. En fin d'après midi, une nouvelle coryphène embarque ( une 6 portions généreuses). Ce poisson magnifique-et succulent!- s'appelle dorade aux Antilles. Dotée d'un front bombé et d'un corps fuselé, c'est un chasseur puissant. Pour lui échapper, les exocets(poissons volants) n'ont pas trouvé d'autre parade que... décoller ! En dessous la coryphène les suit et tente de l'intercepter ... à l'amérrissage ! Au sortir de l'eau, elle est verte avec de superbes reflets dorés qu'elle perd quasi instantanément en mourant pour devenir grise. A la nuit le vent tombe complètement(- de 2 nds !) et Mr Perkins ronronne doucement toute la nuit. |
Vendredi 24/09 A 12H: 26°11N - 20°07W vent NE 11/13 nds.
Au matin le ciel est couvert et ce n'est que vers 10H que le vent qui faisait la
grasse matinée, daigne se lever. A l'heure du thé, le téléphone sonne, c'est Florence,
la fifille qui a envie de parler à sa maman.... et on s'en donne à coeur joie. La
houle de NW est toujours très désagréable, et en prévision d'une nuit agitée Didier
installe la toile anti-roulis de la cabine arrière. Ce soir en tangonnant le génois,
nous avons trouvé un poisson volant coincé entre le pont et le tangon. Un peu sec
et pas très frais, nous l'avons quand même remis à l'eau. Vous vous souvenez, la
coryphène qui, sous l'eau, suit le poisson ...? Nous avons bien ri, en l'imaginant, toute
à sa chasse, nageant le plus vite possible en regardant en l'air, au lieu de
regarder devant...ça a dû se terminer par un gros boum ! Rassurez-vous, ARKA! n'a rien.
Pas une bosse, pas une éraflure. Par contre, il y a probablement quelque part sous la mer
une coryphène à bosse ! Avec la lune le vent commence à monter. Didier va au dodo, le
Rat veille. A 11H30 branle bas de combat. Il faut réduire la grand voile, le vent monte
à plus de 30 nds. La houle s'amplifie et toute la
nuit nous avons l'impression d'être dans un "shaker".
Samedi 25/09 A 12H : 23°38N - 21°24W vent NE 2O/24 nds.
| Au lever du soleil, ARKA! laboure une mer formée, avec de belles moustaches à l'étrave. L'Indien continue à barrer sans sourciller. Sous les grains, quand le vent monte à 30 nds, malgré le large excédent de poids que nous lui avons imposé, ARKA! se lance dans des mini surfs sympathiques pour la moyenne. Le bruit de l'hélice, lui, l'est beaucoup moins pour les oreilles, et nous coupons une fois de plus l'alternateur de ligne d'arbre. Consolation: sans barrer, sans forcer, nous avons fait 177 milles en 24H. En fin de journée le vent mollit et nous renvoyons de la toile afin de mieux appuyer le bateau dans la houle croisée qui nous secoue toujours. |
Dimanche 26/09 A 12H30: 20°58,4N - 20°44W vent N/NE 24/28nds
| Pour commencer la journée, récolte de poissons volants sur le pont. Une fois nettoyés, les plus gros prennent la direction du frigo. Faute de coryphène... A l'occasion d'un grain, Josette s'emploie à prendre un ris dans la grand voile. Facile au près, cette manoeuvre l'est beaucoup moins au portant...et de retour dans le cockpit, Le Rat peste fermement contre ces scrogneugneux de ris. N'ayant pas du tout envie de troquer la belle grand voile latée pour un grand voile à enrouleur, tel un ambassadeur, je déploie des monceaux de diplomatie pour lui faire apprécier la beauté des ailes d'ARKA! Quelques heures de sommeil plus tard tout va mieux, la prise de ris est presque réhabilitée...OUF !!! Les poissons volants sont de plus en plus nombreux. |
Au coucher du soleil, un banc- pardon, une escadrille au complet- survole le cockpit. Pas de victimes à déplorer pour cette fois-ci Toute la nuit, par contre, et alors que la visibilité se réduit, ces énergumènes s'obstinent à vouloir nous survoler (ou assommer les coryphènes, qui sait?). L'un d'entre eux, sûrement en panne de radar, s'arrête brutalement dans le dos de Didier, qui, sans lui demander son avis renvoie ce kamikaze poursuivre ses études aéronautiques dans son milieu naturel. Non mais ! D'autres, plus polis- ou maladroits ?- se contentent d'atterrir sur le pont, et le trouvant certainement peu confortable, le font savoir en frétillant énergiquement. Nous remettons à l'eau ceux que nous entendons dans le cockpit ou ses environs. Pour les autres, ce sera la poële !
Lundi 27/09 A 12H : 18°09,4N - 22°29,5W vent N/NE 18/22nds.
Telle une paysanne ramassant ses oeufs, Josette ramasse "ses" poissons
égarés sur le pont. La "récolte" est fructueuse ce matin, et le repas de midi
assuré! En même temps, nous découvrons que l'Harmattan, ce vent sec et chaud qui
souffle du désert Africain a laissé sa trace: toutes les filières, les cordages et les
espars sont couverts d'une fine poussière rouge. Au repas de midi, en plus des 178 milles
parcourus depuis la veille, le chef propose enfin une poëlée de poissons volants
arrosés de jus de citron. C'est délicieux, et tout compte fait, la façon de les pêcher
convient parfaitement aux paresseux que nous sommes. Il ne leur manque qu'une étape à
franchir pour être parfait: passer tout seuls dans les pales de l'éolienne, pour nous
tomber du ciel décapités et prêts à cuire! Le temps de digérer, nous approchons du
Cap Vert. Si le vent est maniable, nous devrions atterrir à notre tour cette nuit à
Palmeira sur l'île de Sal.
Mardi 28/09 à 2H40
mouillage dans la baie de Palmeira par 5 mètres de fond.